Une chambre à créer dans un grand séjour, un bureau à séparer du salon, une suite parentale à refermer : derrière ces projets vient la même question, celle de savoir si le chantier touche à ce qui tient le bâtiment. Une cloison en plaques de plâtre répond exactement à ce besoin, parce qu’elle sépare sans rien soutenir.
Elle se monte à sec, sur une ossature métallique fixée au sol, au plafond et aux murs existants, et reçoit des plaques vissées de part et d’autre d’un vide. Ce vide fait tout l’intérêt de l’ouvrage, et c’est aussi lui qui oblige à décider certaines choses avant de le refermer.
Le montage, le traitement des joints et la mise en peinture qui suit relèvent de la plâtrerie, l’un de nos postes de rénovation intérieure. Le reste, ce qui passe dans la cloison et ce qui viendra s’y accrocher, se prépare bien avant la première plaque.
Ce qu’une cloison en plaques de plâtre change dans une pièce
Comparée à une séparation maçonnée, une cloison en plaques de plâtre pèse peu. Le plancher reçoit une charge bien plus faible que celle d’un ouvrage maçonné, ce qui compte dans un immeuble ancien où ce que le plancher accepte encore n’est écrit nulle part. Le montage ne demandant pas d’eau, rien n’a besoin de sécher avant la suite des travaux, et la pièce retrouve son volume le jour où la séparation ne sert plus.
En revanche, elle ne corrige pas ce qu’elle trouve. L’ossature suit le sol et le plafond tels qu’ils sont : un plancher qui descend vers un angle, un plafond qui ondule, et le rattrapage se fait au réglage des rails fixés au sol et au plafond, pas après coup. Dans une pièce dont les murs ne sont pas d’équerre, le tracé au sol se discute avant de percer le premier rail : c’est lui qui décidera si le nouveau volume paraît droit.
Une cloison sèche ne reprend aucune charge
Une cloison sèche porte son propre poids, ses plaques et ce qui y est fixé. Rien d’autre. Aucun plancher ne repose dessus, aucune poutre, aucun mur de l’étage supérieur. C’est ce qui permet de la placer presque librement, et de la déplacer plus tard sans que le bâtiment s’en aperçoive.
La vraie précaution se situe à l’autre bout du chantier. Créer une cloison est une chose, déposer un mur existant pour ouvrir le volume en est une autre, et un même projet mêle souvent l’une et l’autre. Un mur dont le rôle n’est pas connu se fait vérifier avant toute dépose, par un professionnel qualifié pour cette question. L’épaisseur, l’aspect et le son creux au poing ne prouvent rien : dans un bâtiment repris plusieurs fois, une séparation légère a pu se retrouver chargée par une reprise plus tardive.
Ouvrir pour savoir n’est pas une méthode. Cette vérification ne relève ni de la plâtrerie ni d’aucun métier de finition, et nous ne touchons pas à un élément porteur : au moindre doute, l’avis se demande avant le premier coup d’outil.
Le bruit tient à l’assemblage, pas à la plaque
Une cloison neuve se juge vite au bruit. Une télévision qui s’entend d’une chambre à l’autre, une conversation qui traverse : le réflexe est d’accuser la plaque, alors que la plaque n’agit jamais seule.
Ce qui améliore le comportement acoustique tient à la masse des parements, c’est-à-dire des plaques posées sur chaque face, au matériau absorbant logé dans le vide, et surtout à l’indépendance des faces. Dès qu’un élément rigide relie une face à l’autre, le son emprunte ce chemin et contourne tout le reste. Ce qui dégrade le résultat relève presque toujours du détail de mise en œuvre :
- un jeu laissé en pied de cloison, masqué par une plinthe mais ouvert à l’air.
- des boîtiers encastrés dos à dos dans la même travée, l’espace libre entre deux montants, qui percent les faces au même endroit.
- un passage de gaine ou de canalisation laissé ouvert après la pose.
- une porte qui laisse un espace libre sous son battant.
- une liaison rigide entre la cloison et un conduit traversant.
Aucune performance relevée ailleurs ne se transpose à votre logement : le résultat dépend du montage, des liaisons avec le sol et le plafond, et de ce que la pièce voisine renvoie. Une cloison ne fait d’ailleurs rien contre les bruits d’impact venus du plancher du dessus, qu’aucune séparation verticale n’arrête.
Les réseaux se posent avant la fermeture
Le vide d’une cloison sèche sert aussi à faire cheminer des gaines électriques et des canalisations, ce qui évite de creuser un mur maçonné pour y encastrer les gaines. Ces travaux ne sont pas les nôtres : l’électricité et la plomberie sont des métiers à part entière, et c’est à eux que reviennent la pose, le raccordement et le contrôle des réseaux.
L’enchaînement, lui, concerne tout le chantier. L’ossature monte, une face se ferme, les réseaux s’installent, et c’est leur contrôle par le métier concerné qui autorise le vissage de la dernière face. Fermer avant ce contrôle, c’est s’interdire de corriger ce qui est déjà enfermé.
Quelques précautions tiennent à la plaque elle-même. Les montants d’ossature portent des découpes prévues pour le passage des gaines : mieux vaut les utiliser que d’entailler un montant ailleurs, car une entaille faite n’importe où lui retire sa raideur. Et avant que la dernière plaque ne vienne, photographier chaque travée ouverte, réseaux en place, reste la seule trace de ce qui passe où.
La règle qui en découle vaut pour toute la vie du logement : une cloison fermée ne se perce pas sans savoir ce qui circule derrière. Près d’un réseau électrique ou d’un point d’eau, le courant se coupe avant d’intervenir.
Les fixations lourdes se préparent, elles ne s’improvisent pas
Une plaque de plâtre tient sans difficulté un cadre, une tringle, une applique légère, avec des chevilles conçues pour un matériau creux. Elle ne tient pas un meuble haut rempli, un écran sur bras articulé, une vasque suspendue ou une barre d’appui, et aucune cheville ne comble cet écart. Une charge qui s’éloigne du parement fait levier sur son point d’accroche : un meuble profond sollicite sa fixation bien plus qu’un cadre plaqué contre le mur.
Ces charges se reprennent sur l’ossature ou sur un renfort glissé dans la travée avant la fermeture : un panneau de bois continu, ou une traverse métallique posée à la hauteur voulue. Posé pendant le montage, ce renfort ne demande aucun travail de plus ; posé ensuite, il impose de rouvrir le parement, de refaire la bande et de reprendre la peinture.
C’est pour cette raison que le plan des meubles et des équipements se décide avant la fermeture, et non au moment de peindre : chaque point d’accroche se repère sur la cloison pendant qu’elle est encore ouverte. À défaut, il restera à retrouver les montants, dont la position ne tombe pas forcément là où le meuble doit aller.
Pièce d’eau, angles et finition
Dans une salle de bains, la plaque se choisit pour résister à l’humidité ambiante, et cela ne suffit pas. L’eau projetée se traite par une protection appliquée sur le support avant le carrelage, aux endroits réellement exposés. Le carrelage et ses joints ne la remplacent pas, et elle ne se vérifie plus une fois les carreaux collés.
La finition se joue ensuite sur les joints. Les bords des plaques voisines, amincis en usine pour cela, reçoivent une bande noyée dans l’enduit, les têtes de vis se recouvrent, puis l’ensemble se ponce. Ce ponçage produit une poussière fine qui se dépose dans tout le logement : confinement de la pièce, protection respiratoire et aspiration à la source ne sont pas des options.
Un angle sortant reçoit un profilé qui le protège des chocs. La jonction avec un mur existant ou avec le plafond bouge légèrement avec le bâtiment : un joint simplement enduit y fissure, alors qu’un joint laissé libre à cet endroit, pour que les deux ouvrages bougent indépendamment, absorbe le mouvement. Vient enfin une couche d’impression, qui égalise l’absorption entre la plaque et l’enduit, puis la peinture, qui fait partie de nos prestations de plâtrerie et peinture. Une lumière rasante le long d’une cloison neuve révèle chaque défaut de bande, et c’est elle qui dicte le soin à demander sur les joints.
Questions fréquentes
Une cloison en plaques de plâtre se dépose-t-elle facilement ?
Plus facilement qu’une séparation maçonnée : les plaques se découpent, l’ossature se dévisse, et le volume d’origine revient sans démolition. La réserve porte sur ce qui a été enfermé dedans, gaines et canalisations, qui doit être repéré et mis hors service par le métier concerné avant que la dépose ne commence.
Un écran peut-il être fixé sur une cloison sèche ?
Oui, à condition que la fixation trouve l’ossature ou un renfort, et non la plaque seule. Si la cloison est déjà fermée, il faut localiser les montants, et leur position ne correspond pas toujours à l’endroit voulu pour l’écran : le renfort posé avant fermeture évite cet arbitrage.
Faut-il garnir le vide d’une cloison ?
Un matériau absorbant logé dans le vide améliore nettement le comportement au bruit, et c’est la raison même de sa présence. Un vide laissé nu se comporte comme une caisse de résonance, et la différence s’entend d’une pièce à l’autre.
Une cloison sèche convient-elle dans une salle de bains ?
Oui, avec une plaque prévue pour les locaux humides et une protection à l’eau sous le carrelage dans les zones exposées. Ce qui ne convient pas, c’est une plaque ordinaire posée derrière une douche : elle se dégrade sans rien laisser voir en surface pendant longtemps.
Une cloison se dessine avant de se monter : son tracé, ce qu’elle devra porter, ce qui passera dedans et le confort acoustique attendu de part et d’autre. Ces points se regardent sur place, pièce par pièce. Pour en parler, vous pouvez prendre contact avec nous ou appeler le 06 65 17 95 75.